Visite commentée du quartier des Béalières à Meylan

Cette visite a été réalisée dans le cadre d’une rencontre organisée par l’union de quartier des Béalières.

Un peu d'histoire... 


Cet écoquartier historique, composé à  50% de  logements sociaux et de nombreuses coulées vertes illustre comment l’urbanisme peut favoriser le vivre ensemble et la préservation de la terre pleine.

Sur des terrains de culture du chanvre, ce quartier a été imaginé pour favoriser le bien-être de ses habitants par un Atelier Public d’Urbanisme (APU) constitué de futurs habitants, d’urbanistes, d’architectes et d’élus de la mairie.

Conçu pour accueillir 1000 familles sur 40 ha, avec la proportion importante de 50 % de logements sociaux, et en préservant un site de qualité, il est sorti de terre en 1982 avec une diversité architecturale (avec des différentes formes d’habitat) et a suivi 4 tranches de travaux.


 L’architecte Charles Fourrey a eu un rôle d’écoute et de mise en forme au sein de cet atelier public d’urbanisme qui a pu regrouper près de 300 personnes.

 Ce quartier, qui a maintenant plus de 40 ans, est exemplaire dans la manière dont il s’appuie sur l’environnement et le paysage.

Les habitants ont défini à l’époque quelques-uns des principes de l’écologie urbaine :

  • Préserver l’existant environnemental (arbres, écoulements naturels d’eau…) et l’utiliser dans la ville
  • Greffer les rues sur les haies et les fossés existants, et conserver les signes des activités passées (ici les bassins de la culture du chanvre) ;
  • Favoriser le lien social en créant des espaces de rencontre et de partage (jardins, Locaux Communs Résidentiels ( les LCR =: ce sont des petits bâtiments répartis dans tous les quartiers , ouverts aux fêtes familiales, aux réunions d’associations…), parcs et placettes ;
  • Créer des îlots d’habitation (peu d’étages, pas d’ascenseur...) avec un côté rue, un côté cours ou jardins, des cours urbaines et des cheminements ;
  • Placer les institutions (écoles, bibliothèque, IME, maisons de retraite), les services (médico-social) et les commerces à portée de tous et toutes à pied ;
  • Tolérer les automobiles mais pas plus afin qu’elles puissent accéder à l’entrée des immeubles lorsque nécessaire ;
  • Favoriser l’accès  aux transports communs

Extrait des travaux de l’Atelier Public :

"Les lignes de la trame pourront être des rues : pour aller faire ses courses, pour se balader, pour se montrer… comme toutes les vraies rues, ou seulement des chemins avec de l'herbe, ou rien du tout si on n'a pas besoin de rues ou de chemin. Les croisements des lignes pourront être des places, pour changer de direction, hésiter, pour se rencontrer, parler, pour attendre le soleil, regarder, des grandes places, des petites places, ou rien du tout".

 

Zoom sur quelques arrêts de la visite par Catherine, Michèle, Jacqueline et Blandine, membres du C2D :

Un jardin partagé dans la forêt 

18 familles jardinières s’y retrouvent, souvent le samedi pour jardiner, discuter, et souvent prendre l’apéritif.

Les écoles peuvent y venir avec les élèves.

L’originalité est que tous les jardiniers cultivent les mêmes plantes, il n’y a pas d’espaces privatifs.

 

 La coulée verte 

 "Il aura fallu se battre pour ne rien y faire !" ... ce grand espace sans bâtis est propice aux promenades, aux pique-nique, aux jeux de ballon, aux fêtes collectives (la fête de la Saint-Jean y est fêtée chaque année, d’immenses jeux gonflables y sont installés à côté des stands de crêpes et autres). 

 

 Les roues, ancêtres des noues ?

Le chanvre devait pourrir dans des canaux (rouir dans des roues) qui sont conservés en l’état.
Peu visibles car recouvertes de végétation aujourd’hui, les roues peuvent être considérées comme des « jardins de pluie » aujourd’hui.

 

L’école ouverte, anciennement « Freinet »

Aménagée par les enseignants et les habitants, elle permet la déambulation de passants dans la cour toute la journée. C’est une école ouverte sur le quartier.  Les jeux d’enfants de la maternelle sont accessibles au public en dehors des horaires de classe.
La cantine est déplacée à l’extérieur les jours d’été dans la zone où sont installées des tables, des parasols et des bancs.
L’herbe est coupée et permet les jeux et déplacements.
Le ruisseau est découvert et non protégé.

Cet espace est considéré comme le cœur vivant du quartier où les gens se côtoient et participent aux activités de l’école et de la bibliothèque.

Le parc "quasi botanique" ouvert à toutes et tous 

Se côtoient dans cet espace, une roseraie, une fontaine, des bancs et une allée fraiche couverte par une glycine.
La biodiversité y est foisonnante avec des marres avec une faune aquatique riche.
Les chemins adaptés aux PMR et aux personnes âgées est parfait pour rejoindre l'Ephad et la Maison de la musique toute proches.


 

En guise de conclusion  : 

Les Béalières, c’est un peu le quartier des 5 sens, entre les gazouillis des oiseaux, le murmure des ruisseaux, le vent dans les arbres, le parfum de nombreuses essences, la variété des revêtements au sol pour les cheminements, ou les chaussées…

Dans ce quartier vivent ensemble des âges et des milieux sociaux différents, les logements sociaux et privés s’interpénètrent.

Vu la qualité de vie dans ce quartier, les habitants cherchent à y rester le plus longtemps possible et la population vieillit.
Les conséquences font que les écoles et garderies ferment et que les prix des appartements flambent.
La sociologie du quartier change et des nouveaux parents demandent par exemple la fermeture de la cour de l’école ; les nouveaux enseignants n’y sont pas opposés non plus…

Par ailleurs, l’urbanisation se densifie tout autour de ce quartier, avec des principes de rentabilité privée.
Les nouveaux immeubles sont plus hauts, plus grands, il y a beaucoup plus de véhicules qui circulent.
L’encerclement dans un environnement autre est-il viable ?
Les Béalières, serait-il un dernier village gaulois ?