Marche Sensible Pleine Terre Opus 2 - Secteur de Gières
Retrouvez dans cette page un retour sur la Marche Sensible Pleine Terre, réalisée dans le secteur de l'éco quartier de Gières
en images, en texte et en podcast :

D’une démarche partagée à une démarche collective !
Ce récit, écrit par Fella, est accompagné des photos de Gilles, tous deux membres du C2D :
La marche est intemporelle et possède de multiples attributs.
Pour Rousseau c’est penser…. pour Giono c’est être en mouvement et pour Bergson « L’unique moyen de savoir jusqu’où l’on peut aller c’est de se mettre en route et de marcher » pour ne citer que ceux-là.
- Nos Marches, ni méditatives, ni spirituelles, ni intellectuelles sont des Marches Sensibles, assumées et appropriées.
- La Marche Sensible est pour le C2D est une méthode d’observation et d’investigation pour comprendre ce qui nous entoure par nos sens.
- La Marche Sensible est un vecteur d’immersion dans l’observation de la Pleine Terre et de ses enjeux.
- Notre diagnostic en mouvement pour cette deuxième Marche Sensible cible l’éco-quartier Gières en partant du collège le Chamandier.

Cliquez sur l'image pour écouter le podcast :
Réalisé par Robin Balacells, stagiaire au C2D, ce podcast vous permet de vous immerger, à votre tour, dans cette expérience sensible collective.
Retrouvez tous les épisodes des Agités du Bocal en cliquant ici


Saisir l’espace par le ressenti….
L’espace à partir de la gare, entre autoroute et voies ferrées me semblait bien ingrat initialement.
En m’approchant du collège Le Chamandier, lieu de notre rencontre, mon regard se pose sur un parc bordé d’immeubles que j’ai scruté avant de rencontrer mes collègues.
Après la présentation du parcours et la récupération de nos cahiers d’impressions, (les guides de transcription de ressentis), notre marche démarre….

Arrêt # 1 : Parc de la résidence
- Il s'agit d'un parc central au pied d’immeubles estimés (en groupe) datant des années 1990.
- Le parc arboré comprend deux grands catalpas qui ombragent les pelouses et embaument l’espace de senteurs suaves proches de l’acacia.
- Des enfants comblés jouent sur leur terrain de jeux sous le regard des adultes présents.
- Un rocher est posé au ras d’un des catalpas.
Nous sommes quelques-uns à nous questionner sur la raison et l’origine de la présence de ce rocher. Les participants évoluent dans cet espace par petits groupes, binômes ou personne seule ; concentrés sur la découverte des lieux et leurs impressions à restituer.
Arrêt # 2 : Récupération des eaux de pluie de l'éco quartier
Les participants avancent vers une deuxième boucle du parc résidentiel et découvrent des immeubles datant des années 2010. Cet espace présente une forte ambition environnementale et paysagère. On observe des terrasses végétalisées, une noue avec des espèces hydrophiles délimitant le cheminement public et un bassin d’infiltration d’eau.
Les immeubles sont séparés par un cheminement public d’usage courant, où se précipitent les allers/retours de jeunes adolescents à vélo.
Ce cheminement produit une discontinuité de fraîcheur très appréciée entre la noue et le béton.
Les participants poursuivent leur déambulation en quittant cet ensemble bordé d’un mur d’enceinte.
Guidés par nos accompagnateurs, nous traversons la route pour avancer vers notre prochain arrêt en passant par la mairie de Gières et sa petite place ombragée.

Arrêt # 3 : Espace de pleine terre d'une résidence privée
Longeant la route et bordée d'une haie dense, la résidence est visible à travers le portail qui n'en permet pas l'accès. Elle se dresse au milieu d’un majestueux parc où pousse une végétation luxuriante avec un espace de pleine terre.
Tout naturellement une question émerge : "comment réaliser un diagnostic en mouvement dans les espaces privés ?"
La pelouse est rase et nombreux d'entre nous imaginent un jardin potager, une table de pique-nique, un espace de jeux pour enfants, des transats, une prairie fleurie...
Nous traversons la route et empruntons un chemin en virgule surplombant un torrent frémissant d’écume dont les clapotis nous accompagnent pour arriver à notre point d’arrêt #4.

Arrêt # 4 : Parc public qui entoure la salle du Laussy
Nous cheminons à pieds ou à vélo, pour quelques-uns d’entre-nous, vers le parc Charly Guibbaud où l’on découvre de grands espaces verts aménagés, des pelouses ombragées par de magnifiques arbres, des aires de jeu et des sentiers pour les balades. Cet espace public s’offre à toutes et tous.
Un forum nous rassemble pour notre débriefing.
Là, jaillissent des notes de la maison de la musique.
Plus loin se dresse la salle Du Laussy, salle de spectacle dont les façades s’ouvrent avec leurs grandes baies vitrées sur le parc.
L'ambiance est douce.
Il est plaisant de faire le constat de la belle jonction réalisée entre faunes, flores et culture dans un espace public ouvert à toutes et tous.

Capitaliser sur la pleine terre
Cette Marche Sensible de m’apprend deux enseignements principaux :
Le premier : après le parcours entre gare et collège, que j’ai ressenti comme ingrat, m’est apparu progressivement un projet avec de fortes ambitions environnementales et paysagères … comme quoi Bergson a bien raison ! Il faut marcher pour découvrir l'essence d'un lieu !
Le deuxième, est que notre mission au sein du C2D est résolument collective !
Tous les participants, qu'ils soient membres du C2D, agents de la métropole ou de l'agence d'urbanisme, participent à à la réalisation de ce projet collectif.
Pour chaque Marche Sensible, les personnes qui préparent la sortie, ceux qui l’organisent, et ceux qui accompagnent la visite ne sont pas toujours les mêmes, ce qui apporte une pluralité de regard.
Interroger le présent, imaginer le futur
Cette élaboration pas à pas constitue des jalons tendus vers l’objectif de réfléchir aux enjeux de la pleine terre dans les projets de construction et d'aménagement.
Même si nous n’inventons pas la Marche Sensible, issue des sciences humaines et sociales dans les années 1970, nous faisons de cette approche une méthode de compréhension de l’espace urbain avec de nouvelles grilles d’analyse pour des futurs possibles, ouverts et concrets :
Mobiliser collectivement une méthode au service de la pleine terre !
Merci à Sylvie de l'AURG et Jacqueline de Grenoble Alpes Métropole pour leur accompagnement.



